Préjudice corporel à Bordeaux
Après un accident médical, l'indemnisation se joue à l'expertise, pas au procès. C'est là que les séquelles sont chiffrées et les responsabilités fixées. Une victime seule face à l'expert de l'établissement part avec un désavantage que la suite de la procédure ne rattrape presque jamais.

Avocate au Barreau de Bordeaux · Mis à jour le

Tout se décide à l'expertise médicale
C'est lors des opérations contradictoires que les séquelles sont évaluées, la date de consolidation arrêtée, les responsabilités établies et les bases du montant posées. Tout ce qui n'y est pas documenté devient très difficile à faire reconnaître ensuite.
J'interviens aux côtés de mes clients à l'expertise, qu'elle soit organisée par la commission d'indemnisation, par le juge ou à l'amiable : faire consigner chaque poste de préjudice, poser à l'expert les questions qui l'engagent, contester une conclusion inexacte pendant qu'elle peut encore l'être.
Un poste non documenté pendant l'expertise est un poste qui ne sera pas indemnisé. C'est ce qui explique que deux dossiers en apparence semblables aboutissent à des montants très différents.
Dans quels cas me contacter
Quatre situations qui reviennent, et ce qui se joue vraiment dans chacune.
Responsabilité médicale
Erreur de diagnostic, faute chirurgicale, complication évitable : j'identifie les responsabilités et engage les recours auprès des établissements concernés, hôpitaux publics comme cliniques privées. La juridiction compétente, judiciaire ou administrative, dépend du statut de l'établissement, et ce choix se fait dès le départ.
Accidents médicaux graves
Infection nosocomiale, accident anesthésique, préjudice d'angoisse : ces dossiers relèvent souvent d'un régime d'indemnisation qui n'exige pas la preuve d'une faute. Encore faut-il le mobiliser, et atteindre le seuil de gravité qui l'ouvre.
Évaluation et contestation du préjudice
L'indemnisation ne se résume pas au dommage physique : elle se décompose en postes évalués séparément, du revenu perdu à l'assistance par une tierce personne, des souffrances endurées au déficit fonctionnel. Je conteste les sous-estimations poste par poste plutôt qu'une offre de principe.
Saisine de la CRCI et assistance à l'expertise
La commission de conciliation et d'indemnisation permet d'obtenir une indemnisation sans passer par le tribunal, gratuitement et en six mois environ. Je constitue le dossier, je vous représente aux opérations d'expertise, et j'examine l'offre qui en découle avant que vous l'acceptiez.
Faute, aléa ou infection nosocomiale : cela se démontre, et la voie ouverte n'est pas la même dans les trois cas.
Comment se déroule un dossier
Chaque dossier est différent, mais la trame reste la même. Le calendrier dépend moins de la voie choisie que de la consolidation : tant que les séquelles ne sont pas stabilisées, elles ne sont pas mesurables.
Analyse du dossier médical
Examen approfondi du dossier, consultation d'un expert indépendant pour établir le lien de causalité entre l'acte médical et le dommage subi.
Saisine de la CRCI ou mise en demeure
Dépôt de la demande d'indemnisation amiable auprès de la CRCI ou mise en demeure de l'établissement selon la stratégie la plus adaptée à votre situation.
Expertise médicale contradictoire
Je vous assiste lors des opérations d'expertise : présence aux réunions, rédaction de dires à expert, contestation des conclusions défavorables.
Indemnisation ou procédure judiciaire
Accord amiable d'indemnisation ou saisine du tribunal, puis suivi de l'exécution de la décision obtenue.
Une expertise médicale se prépare, elle ne se subit pas. Si la convocation est arrivée, le calendrier est court.
Questions fréquentes
Quel délai pour agir en cas d'erreur médicale ?
Dix ans à compter de la consolidation du dommage, c'est-à-dire de la stabilisation de vos séquelles, et non de l'acte médical ni de sa découverte. Ce délai est long mais ne tardez pas : les preuves s'effacent et les témoins oublient. Consultez rapidement et conservez précieusement votre dossier médical.
Le point de départ est ce qui surprend le plus, et il joue souvent en faveur de la victime. Le délai ne court pas de l'acte médical ni de la découverte du dommage, mais de la consolidation, c'est-à-dire du moment où les séquelles sont stabilisées et deviennent mesurables. Une personne dont l'état a évolué pendant des années peut donc disposer de plus de temps qu'elle ne le croit. L'inverse est vrai aussi : une consolidation précoce enclenche le compte à rebours plus tôt qu'on ne l'imagine. C'est un point à vérifier sur pièces dès le départ, jamais à supposer.
Qu'est-ce que la CRCI et comment fonctionne-t-elle ?
La Commission de Conciliation et d'Indemnisation des accidents médicaux est un dispositif amiable permettant d'obtenir une indemnisation sans passer par le tribunal. Un expert médical est désigné, puis l'ONIAM ou l'assureur de l'établissement formule une offre. La procédure dure environ 6 mois. Je vous accompagne à chaque étape pour défendre vos intérêts.
La commission examine les demandes d'indemnisation des accidents médicaux par une voie amiable, gratuite pour le demandeur. Sa saisine n'exige aucune condition de gravité préalable : elle peut être saisie même quand le seuil n'est pas manifestement atteint, mais elle statue d'abord sur la recevabilité. C'est ensuite, au vu du rapport, que le seuil de gravité détermine si elle peut connaître de la demande d'indemnisation elle-même. Son avis désigne le payeur, assureur du soignant en cas de faute ou solidarité nationale à défaut. Cet avis ne s'impose pas, ce qui laisse la voie judiciaire ouverte si la proposition qui en découle est insuffisante.
L'expertise médicale est-elle obligatoire ?
Elle n'est pas formellement obligatoire mais est vivement recommandée. C'est elle qui établit le lien de causalité entre l'acte médical et le dommage subi. Sans expertise solide, votre recours est très fragilisé.
Rien ne l'impose formellement, et pourtant aucun dossier sérieux ne s'en dispense. L'expertise fixe des éléments techniques que personne ne pourra discuter ensuite : la date de consolidation, le taux d'atteinte permanente, l'existence d'un lien de causalité entre l'acte et le dommage, et l'évaluation poste par poste des préjudices. Ces conclusions commandent le montant. Un dossier qui arrive devant le juge sans expertise le laisse sans base technique pour chiffrer, et il en ordonnera une. Autant qu'elle soit contradictoire dès le départ, et préparée, plutôt que subie plus tard.
Puis-je accéder à mon dossier médical ?
Oui, c'est un droit fondamental garanti par la loi. L'établissement doit vous le communiquer au plus tard dans les huit jours de votre demande, après un délai de réflexion de quarante-huit heures. Ce délai passe à deux mois lorsque les informations datent de plus de cinq ans. Si l'accès vous est refusé ou retardé, je peux engager des démarches pour faire valoir ce droit.
Vous y avez droit et il vous est communicable, sur simple demande adressée à l'établissement ou au praticien. Demandez l'intégralité plutôt qu'une synthèse : ce sont les pièces brutes qui portent la chronologie, comptes rendus opératoires, résultats d'examens, feuilles de surveillance, transmissions infirmières. Conservez la date de votre demande, parce que le délai de communication court à partir d'elle et que son dépassement est en soi un élément. C'est la première démarche à accomplir, avant même de décider d'une procédure : sans ce dossier, aucune évaluation sérieuse du bien-fondé n'est possible.
Quels préjudices peuvent être indemnisés ?
L'indemnisation peut couvrir les préjudices corporels (douleurs, séquelles, invalidité permanente), les préjudices moraux (souffrance, angoisse), les préjudices d'agrément (privation de loisirs), et les préjudices économiques (perte de revenus, frais médicaux futurs). Tout dépend de l'évaluation réalisée lors de l'expertise médicale.
L'indemnisation ne se résume pas au dommage physique. Elle se décompose en postes distincts, évalués séparément, ce qui explique pourquoi deux dossiers en apparence semblables aboutissent à des montants très différents. On distingue les préjudices patrimoniaux, qui touchent au revenu, aux frais de santé restés à charge, à l'aménagement du logement ou du véhicule et à l'assistance par une tierce personne, et les préjudices extrapatrimoniaux, qui couvrent les souffrances endurées, le préjudice esthétique, le préjudice d'agrément et le déficit fonctionnel. Un poste non documenté pendant l'expertise est un poste qui ne sera pas indemnisé.
Combien de temps dure une procédure de préjudice corporel ?
La procédure CRCI dure environ 6 mois pour une offre d'indemnisation. Une action judiciaire peut prendre 1 à 3 ans selon la complexité du dossier et les recours exercés. Une bonne préparation du dossier en amont accélère significativement le processus.
La durée dépend moins de la procédure choisie que de l'état de santé. Tant que la consolidation n'est pas acquise, les séquelles ne sont pas mesurables et l'indemnisation définitive ne peut pas être arrêtée : c'est ce temps médical, et non le temps judiciaire, qui commande le calendrier. La voie amiable devant la commission est nettement plus rapide que le tribunal. Dans les deux cas, des provisions peuvent être demandées en cours de procédure lorsque le droit à indemnisation n'est pas sérieusement contestable, ce qui évite d'attendre la fin pour faire face aux dépenses.
Les autres litiges que je traite
Quatre matières, une même position : vous êtes face à une institution mieux armée que vous, dans une procédure que vous ne connaissez pas.
- Droit bancaireVotre banque refuse de rembourser, ou vous oppose une clause que vous découvrez.
- Droit des assurancesVotre assureur refuse sa garantie, ou chiffre votre sinistre bien en dessous.
Le moment qui décide du montant : l'expertise de la compagnie, que l'on peut contester. Le guide de cette expertise
- Droit de la constructionLes désordres apparaissent et chacun renvoie la responsabilité à l'autre.
Le moment qui décide du montant : l'expertise judiciaire, sur le chantier. Le guide de cette expertise

Maître Margot Marin
Avocate au Barreau de Bordeaux depuis décembre 2021
J'exerce à titre individuel en préjudice corporel, droit bancaire, droit des assurances et droit de la construction. J'interviens au moment procédural qui décide du montant : l'expertise contradictoire.
En savoir plus sur mon parcoursTextes cités
- Article L1142-1 du Code de la santé publique : responsabilité pour faute des professionnels et des établissements, et responsabilité de plein droit en cas d'infection nosocomiale
- Article L1142-1-1 du Code de la santé publique : infections nosocomiales les plus graves, prises en charge au titre de la solidarité nationale
- Articles L1142-4 à L1142-8 du Code de la santé publique : procédure de règlement amiable devant la commission de conciliation et d'indemnisation
- Article L1142-14 du Code de la santé publique : offre d'indemnisation dans les quatre mois suivant l'avis de la commission
- Article L1142-28 du Code de la santé publique : prescription de dix ans à compter de la consolidation du dommage
- Article L1111-7 du Code de la santé publique : droit d'accès au dossier médical
Page revue le
Besoin d’un conseil juridique ?
Contactez-moi pour discuter de votre situation et de la meilleure stratégie juridique.
Cabinet : 103 ter Rue Belleville, 33000 Bordeaux