Droit bancaire à Bordeaux
Après un paiement non autorisé, votre banque doit vous rembourser, et c'est à elle de prouver votre négligence grave si elle refuse. Cette charge de la preuve est le cœur du dossier : beaucoup de refus reposent sur une affirmation, pas sur une démonstration.

Avocate au Barreau de Bordeaux · Mis à jour le

C'est à la banque de prouver votre négligence, pas à vous votre prudence
Lorsque vous niez avoir autorisé une opération exécutée, il incombe au prestataire de services de paiement de prouver qu'elle a été authentifiée, dûment enregistrée et comptabilisée, et qu'aucune déficience technique ne l'a affectée. L'utilisation de l'instrument de paiement ne suffit pas à établir votre accord.
Le refus s'appuie presque toujours sur un terrain unique, la négligence grave de l'utilisateur. Elle doit être établie, pas affirmée. Avoir été trompé par un appel se présentant comme celui du service anti-fraude, numéro de la banque affiché à l'écran, ne se confond pas avec une négligence.
La première démarche utile est d'exiger par écrit le motif détaillé du refus. Une banque qui doit motiver découvre parfois que sa position ne tient pas, et ce document sert ensuite si le litige va plus loin.
Dans quels cas me contacter
Quatre situations qui reviennent, et ce qui se joue vraiment dans chacune.
Escroquerie et virement frauduleux
C'est le contentieux bancaire le plus fréquent, et celui où la loi est la plus favorable au client, à rebours de ce que les lettres de refus laissent entendre. Phishing, faux conseiller, usurpation d'identité : la banque rembourse immédiatement, et au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant le signalement.
Devoir de mise en garde du prêteur
Envers l'emprunteur non averti, la banque doit une mise en garde lorsque le crédit fait naître un risque d'endettement excessif au regard de ses capacités de remboursement. Ces dossiers se gagnent sur la frontière entre ce devoir et le principe de non-ingérence, et cette frontière est documentaire : ce qui a été fourni, demandé, versé au dossier le jour de la signature.
Clôture de compte, frais et fichage
Clôture décidée sans explication, refus d'ouverture, frais prélevés sans base contractuelle, inscription à un fichier de la Banque de France. Ces dossiers paraissent secondaires et ne le sont pas : une clôture de compte professionnel peut arrêter une activité en quelques semaines, et une inscription maintenue à tort ferme l'accès au crédit tant qu'elle subsiste.
Médiation bancaire, avant le contentieux
Chaque établissement désigne un médiateur, gratuit, saisissable après une réclamation écrite restée sans solution. Elle ne coûte rien et oblige la banque à motiver sa position par écrit. Sa limite : l'avis ne s'impose pas. Le choix entre médiation et action directe se décide au vu de la réponse écrite, pas avant de l'avoir obtenue.
Relevés, ordres de paiement, courriers de l'agence : ce sont ces pièces qui disent si la médiation suffit.
Comment se déroule un dossier
Chaque dossier est différent, mais la trame reste la même. La deuxième étape n'est imposée par aucun texte, et elle est rarement inutile : elle est gratuite et elle oblige la banque à formaliser sa position par écrit.
Analyse du contrat et des opérations
Examen des relevés, contrats, courriers et conditions générales pour identifier les manquements de l'établissement bancaire et évaluer la solidité du dossier.
Recours amiable et médiation bancaire
Demande formelle auprès de la banque ou saisine du médiateur bancaire. Cette étape est gratuite, elle n'est pas un passage obligé vers le juge, et elle permet souvent une résolution rapide.
Procédure judiciaire
Si la médiation échoue ou si l'urgence le requiert, saisine du tribunal compétent avec constitution d'un dossier de preuves solide.
Indemnisation et remboursement
Jugement fixant les sommes dues, exécution de la décision et recours en appel si nécessaire pour obtenir une indemnisation complète.
Treize mois depuis le débit, pas depuis le jour où vous avez vu l'opération. Premier point à vérifier.
Questions fréquentes
Ma banque refuse de me rembourser une fraude : que faire ?
En cas de fraude ou de paiement non autorisé (phishing, virement frauduleux, carte volée), votre banque a en principe l'obligation de vous rembourser dans un délai d'un jour ouvrable. Elle ne peut refuser qu'en prouvant votre négligence grave. Si elle refuse ou tarde, je peux engager sa responsabilité.
Le refus s'appuie presque toujours sur un terrain unique, la négligence grave, et c'est à la banque de l'établir, pas à vous de prouver votre prudence. Commencez par exiger par écrit le motif détaillé du refus : une banque qui doit motiver découvre parfois que sa position ne tient pas. Conservez tout, horodatage des appels reçus, messages, captures d'écran. Le fait d'avoir été trompé par un appel se présentant comme celui du service anti-fraude, avec usurpation du numéro affiché de la banque, ne constitue pas en soi une négligence grave.
Quel délai pour contester une opération bancaire frauduleuse ?
Vous disposez en principe de 13 mois à compter de la date de débit pour contester une opération non autorisée (délai pouvant varier selon les cas). Au-delà, la contestation devient très difficile. Agissez rapidement.
Le délai se compte de la date de débit, et non du jour où vous découvrez l'opération. Un prélèvement frauduleux passé inaperçu sur un compte peu consulté peut ainsi approcher du terme sans que rien n'alerte. La règle pratique est double : vérifier régulièrement les relevés au-delà des montants importants, et signaler par écrit dès la découverte, sans attendre l'issue d'un échange téléphonique. Un appel au conseiller ne laisse aucune trace opposable, alors que le délai, lui, continue de courir.
La médiation bancaire est-elle obligatoire avant d'aller en justice ?
Non, rien ne vous oblige à saisir le médiateur bancaire avant d'aller en justice. Un préalable amiable existe seulement pour les demandes en paiement n'excédant pas 5 000 euros, et il peut être satisfait par une conciliation, une médiation ou une procédure participative. Pour autant, s'en dispenser est rarement judicieux : la médiation est gratuite et oblige la banque à écrire sa position. Je prépare le dossier de médiation, et la réclamation écrite qui doit le précéder.
Elle ne l'est pas au sens strict, mais s'en dispenser est rarement judicieux. Elle est gratuite, elle oblige l'établissement à formaliser sa position par écrit, et ce document sert ensuite si le dossier va plus loin. Sa limite tient à la portée de l'avis, qui ne s'impose pas : elle est efficace là où la banque a intérêt à transiger, et fait perdre du temps quand sa position est de principe. Le bon moment pour trancher entre médiation et action directe est la lecture de sa réponse écrite à votre réclamation.
Les autres litiges que je traite
Quatre matières, une même position : vous êtes face à une institution mieux armée que vous, dans une procédure que vous ne connaissez pas.
- Préjudice corporelUn acte de soin a mal tourné et personne ne vous explique pourquoi.
Le moment qui décide du montant : l'expertise médicale, devant la CRCI ou devant le juge. Le guide de cette expertise
- Droit des assurancesVotre assureur refuse sa garantie, ou chiffre votre sinistre bien en dessous.
Le moment qui décide du montant : l'expertise de la compagnie, que l'on peut contester. Le guide de cette expertise
- Droit de la constructionLes désordres apparaissent et chacun renvoie la responsabilité à l'autre.
Le moment qui décide du montant : l'expertise judiciaire, sur le chantier. Le guide de cette expertise

Maître Margot Marin
Avocate au Barreau de Bordeaux depuis décembre 2021
J'exerce à titre individuel en préjudice corporel, droit bancaire, droit des assurances et droit de la construction. J'interviens au moment procédural qui décide du montant : l'expertise contradictoire.
En savoir plus sur mon parcoursTextes cités
- Article L133-18 du Code monétaire et financier : remboursement d'une opération non autorisée au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant le signalement
- Article L133-19 du Code monétaire et financier : conséquences financières supportées par le payeur, et exonération en l'absence d'authentification forte
- Article L133-23 du Code monétaire et financier : il incombe au prestataire de services de paiement de prouver que l'opération a été authentifiée, dûment enregistrée et comptabilisée ; l'utilisation de l'instrument de paiement ne suffit pas à elle seule à établir l'autorisation ni la négligence grave de l'utilisateur
- Article L133-24 du Code monétaire et financier : délai de signalement d'une opération non autorisée
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